
Déployer une nouvelle version du système d’information entrepôt, déménager un site et changer les procédures d’organisation au même moment, tel est le défi qu’a relevé le centre de distribution international de Newlog (filiale de Schneider Electric pour la distribution des produits Merlin Gérin), pour répondre aux objectifs stratégiques du groupe. À la clef, centralisation de la logistique, amélioration de la qualité de service et réduction des coûts. Pour réussir cet ambitieux pari, le fabricant de matériel électrique s’est appuyé sur la solution de gestion d’entrepôts Sage Geode. Témoignage de Pascal Bouchon, chef du projet et responsable méthodes de l’entité.
“Notre objectif était de centraliser la logistique de plusieurs activités (basse et moyenne tension) sur un site commun, proche des infrastructures de communication multimodales (autoroutes, aéroports) et au barycentre des fournisseurs et des clients, explique Pascal Bouchon. Cette démarche s’inscrit dans une politique de rationalisation des entrepôts au niveau européen, visant à terme la concentration sur quelques nœuds logistiques appelés centres de distribution régionaux. Elle participe également au programme d’excellence logistique ‘Great Supply Chain’ qui s’intègre lui-même dans le programme d’entreprise New2, avec des objectifs d’amélioration de la qualité de service et de diminution des coûts d’ici 2008.” Concrètement, l’entreprise a regroupé quatre plates-formes sur le site de l’Isle d’Abeau, à proximité de Lyon St-Exupéry. Un projet impliquant à la fois un déménagement physique des plates-formes, une migration du système d’information logistique et l’optimisation de l’organisation pour s’aligner avec les objectifs du groupe.
“Les quatre plates-formes à réunir, dont trois dédiées à la basse tension et une à la moyenne tension, font chacune entre 5 000 et 25 000 m2. La première à être transférée, l’entité Newlog, était auparavant située à Moirans en banlieue Grenobloise. Son déménagement et sa migration constituaient donc un important chantier”, souligne Pascal Bouchon. La deuxième plate-forme transférée était située à Grenoble et concerne l’activité moyenne tension. L’ensemble de ce dispositif fait travailler plus de 300 personnes et accueille plus de 15 000 références stockées.
Un plan détaillé précisant la nouvelle architecture physique, les procédures organisationnelles et le système d’information métier cible a été élaboré avant de passer à l’action. Concernant l’application métier, le choix s’est imposé tout naturellement.
“Nous avions déjà installé sur les plates-formes existantes la V5 et la V6 de la solution de gestion d’entrepôts Sage Geode et en étions satisfaits. Aussi avons-nous rapidement opté pour la version 7 dont les nouvelles fonctionnalités et le module comme Geomips (NDLR : module interactif de pilotage et de suivi en temps réel) répondaient à nos attentes en termes d’optimisation et d’automatisation des tâches.”
Soucieuse de maîtriser parfaitement son système d’information métier, stratégique pour l’activité, l’équipe décide alors de procéder elle-même à l’intégration. “Nous voulions absolument garder la main sur la solution que nous mettions en place. Nous avons toutefois été épaulés par un consultant Sage qui s’est totalement impliqué, aussi bien pendant la phase d’intégration que de migration. En outre, nous avons fait appel à des consultants spécialisés en logistique pour redéfinir nos procédures et la nouvelle architecture physique.” Concrètement, Sage Geode est interfacé d’un côté avec le système de commande et de réapprovisionnement de l’entreprise, de l’autre avec le superviseur (l’intelligence du routage et de la gestion du convoyage) qui repose sur un système propriétaire. “Nous avons repris les données de la V6 dans la V7 et nous sommes appuyés sur les développements faits avec l’équipe Sage pour organiser les migrations de portefeuille. Nous avons ensuite effectué de nombreux tests de simulation, de plus en plus réels et sur différents périmètres avec les futures équipes opérationnelles en place. Notre équipe projet était constituée d’une quinzaine de personnes.”
Fin décembre 2004, après trois mois de préparation, l’équipe est prête à opérer la migration. Le déménagement physique doit être simultané. Afin de limiter les risques et la charge de travail, l’ensemble des opérations informatiques et matérielles est découpé en deux phases. “À chaque fois, nous avons procédé sur trois jours dont un week-end, ce qui a permis de n’arrêter l’exploitation qu’une seule journée.” Mi-janvier 2005, le site est à nouveau opérationnel, installé pour de bon sur l’Isle d’Abeau, sans qu’aucun obstacle majeur ne soit venu troubler la migration.
Sur le terrain, l’efficacité a été renforcée. “La nouvelle organisation nous a permis de gagner beaucoup de temps. Le module Geomips traite par exemple directement la gestion des missions de radiofréquence. Il permet aussi de scanner l’étiquette d’un produit et de décrémenter la quantité à prélever au fur et à mesure des scans. Cette solution a permis de passer au zéro papier !” L’automatisation du convoyage a également révolutionné les habitudes. C’est le progiciel Sage Geode qui indique désormais au superviseur de router tel carton à tel endroit. Et ce sont les colis qui sont amenés aux opérateurs et non plus les opérateurs qui doivent se déplacer. “Au quotidien, l’ensemble de l’organisation a gagné en ergonomie et les postes de travail sont moins pénibles pour les opérateurs.” Surtout, les objectifs d’optimisation ont été atteints. “La qualité de service est passée de 92 % à 96 %. Elle est même très proche de 100 % au niveau interne du site. Et nous avons réduit les coûts variables de plus de 30 % !”