Le SaaS : bien plus qu'une solution anticrise
SaaS ou pas SaaS ? Telle serait la question. N'en déplaise à Shakespeare, la véritable interrogation dépasse une supposée querelle des anciens et des modernes entre modèle locatif et licence.
Tour d'horizon avec Jérôme Romméis, Directeur des activités SaaS et Collect au sein de la Division Moyennes et Grandes Entreprises de Sage.
Un énième dossier sur le SaaS1 pourquoi faire ? Puisque tout (et son contraire) aurait déjà été dit et écrit sur le sujet depuis quelques années. Mais trop souvent, la réflexion se cantonne aux enjeux financiers, dont le rôle de levier dans le succès grandissant du modèle hébergé occulte en partie la question clef que se pose chaque entreprise : "Le SaaS va-t-il répondre à mes besoins (et si oui, auxquels ?), pour aujourd'hui et pour demain ?"
Simplicité et agilité pour un retour sur investissement rapide
Dopée depuis dix-huit mois par un contexte économique tendu, la migration vers le SaaS s'accélère. "Tous les indicateurs confirment cette évolution. Au-delà d'une simple tendance qui serait uniquement soutenue par des stratégies marketing opportunistes. Dans une période critique, les entreprises doivent être d'autant plus agiles et adaptables, autant pour faire face aux événements que pour anticiper dans les meilleures conditions la sortie de crise. De ce fait, les organisations sont encore plus vigilantes en matière d'investissements en logiciels. Séduites par la facilité d'accès, la souplesse et la modularité d'un déploiement en mode SaaS, les entreprises mettent principalement en avant des motivations financières, comme l'absence d'acquisition de licence, les incidences fiscales comptables de la logique de "redevance" et le retour sur investissement rapide." analyse Jérôme Romméis.
Des ressources internes optimisées
Au-delà de cette résonance financière, d'autres paramètres importants émergent. On ne peut réduire le choix d'orientation vers le modèle SaaS à une équation économique "augmentation des OPEX" (dépenses de fonctionnement) versus "limitation des CAPEX" (investissements). L'entreprise doit aussi appréhender l'intégration des solutions en mode SaaS dans les outils existants (synchronisation des données, sécurité des informations, etc.). L'enjeu majeur relève d'une problématique d'engagement et de disponibilité optimale des ressources informatiques internes. Certains domaines applicatifs "génériques"(CRM, Trésorerie, Paie...) ont toute légitimité à être externalisés, libérant ainsi des ressources informatiques qui profiteront au cœur de métier de l'entreprise. Les évolutions réglementaires et notamment la mise en conformité de la communication bancaire (SEPA, EBICS) nourrissent également la réflexion vers l'hébergement, le mode SaaS générant automatiquement la mise à niveau des applications.
Une réponse adaptée aux évolutions des organisations
En revanche, les "poumons métiers" (en particulier l'ERP) relevant de l'expertise propre à l'entreprise sont encore, à l'heure actuelle, beaucoup moins sensibles au modèle SaaS. L'arbitrage entre locatif On-demand et licence On-premise relève en premier lieu d'une décision stratégique concertée, pilotée par la DSI en fonction d'impératifs structurels : changement d'organisation volontaire ou subi, possibilité de "reprendre la main" facilement avec des conséquences financières maîtrisées, grâce à la réversibilité. Enfin, autre point qui ne doit pas être négligé : l'adoption par les utilisateurs ! L'adoption des NTIC par l'individu s'est accélérée. Ils sont donc de plus en plus prêts à "consommer" des fonctions de leur ERP sur le Web ajoute Jérôme Romméis.
Aujourd'hui, pour répondre aux enjeux techniques et financiers des entreprises, il est indispensable de proposer différents modèles adaptables au grè des évolutions.
1 Software As A Service